Qu’est-ce que l’endométriose?

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L’endométriose se caractérise par la présence anormale de tissu semblable à l’endomètre en dehors de la cavité utérine.

Ces anomalies engendrent des lésions composées de cellules qui possèdent les mêmes caractéristiques que l’endomètre. Elles sont donc sensibles aux hormones féminines.

Ainsi, à chaque cycle menstruel, les cellules vont proliférer, augmenter de volume, saigner mais ne seront pas évacuées avec les menstruations. Les lésions sont par conséquent enflées, douloureuses, irritées et stagnent sous différentes formes (kystes, nodules, etc.).

Cette maladie chronique concerne environ 10% des femmes.

Dans la majorité des cas (80%), l’endométriose touche l’appareil génital (ovaires, trompes de Fallope, péritoine).

Il arrive toutefois que les cellules de l’endomètre essaiment la cavité abdominale (vessie, intestin, rectum…).

Dans de rares cas, elles peuvent se retrouver dans les poumons, le diaphragme, les reins, les nerfs sacraux pelviens, le nombril ou le cerveau.

L’origine de cette affection reste inexpliquée.

Toutefois, il existe diverses suppositions. L’endométriose serait la cause de:

  • Un reflux rétrograde (reflux de sang par les trompes dans l’abdomen).
  • Une migration des cellules par la lymphe ou par le sang.
  • Un dysfonctionnement du système immunitaire.
  • Une possible contamination suite à une intervention chirurgicale.
  • Des facteurs génétiques ou environnementaux transformant certaines cellules en cellules endométriales.

La maladie peut être totalement asymptomatique. Dans beaucoup de cas, la patiente découvre la maladie au moment où elle consulte pour cause d’infertilité.

Dans le cas de symptômes, ils diffèrent selon les femmes et la localisation des lésions.

Mais dans certains cas, on constate :

Des douleurs pelviennes fréquentes.

De fortes douleurs au moment des menstruations (dysménorrhée).

Des douleurs lors de rapports sexuels (dyspareunie).

Des douleurs lors de la miction (difficulté à uriner, brûlures urinaires, présence de sang dans les urines.)

Des douleurs lors de la défécation.

Des douleurs abdominales et des troubles gastro-intestinaux (diarrhée, constipation, ballonnements, nausées, vomissements etc.).

Des douleurs lombaires (lombalgie, sciatique, cruralgie).

Des règles abondantes et irrégulières.

Des saignements prémenstruels (métrorragie, rectorragie, spotting).

La présence de kystes (pouvant causer une adhérence entre les organes)

Une fatigue chronique.

Une infertilité.

Ces douleurs peuvent être aggravées dans les cas suivants :

  • Présence de nerfs au niveau des lésions.
  • Réaction inflammatoire de l’organisme.
  • Adhérences fibreuses et cicatricielles se développant entre les organes touchés.

Notez également que les douleurs sont provisoirement absentes lors de grossesses et s’arrêtent définitivement à la ménopause.

Endométriose pelvienne minime à légère : stade 1 et 2 (score de gravité allant de 1 à 4).

Endométriose profonde : on parle d’endométriose profonde lorsque l’endométriose s’infiltre sur plus de 5 mm de profondeur. Généralement, les femmes atteintes d’endométriose profonde sont également touchées par l’adénomyose utérine (endométriose interne).

Endométriose ovarienne : présence de muqueuse endométriale sous forme de kystes au niveau d’un ou des deux ovaires. Elle se traduit par des dysménorrhées (fortes douleurs pendant les règles), des saignements en dehors des règles et des douleurs urinaires.

Endométriose extra-pelvienne (pariétale, diaphragmatique, thoracique).

Endométriose ombilicale : les lésions se situent au niveau du nombril. Les femmes ressentent des douleurs lors des menstruations et constatent des saignements au moment des règles. Elle peut être primitive ou résulter d’une intervention chirurgicale (hernie lombaire).

Endométriose thoracique (ou pulmonaire): elle impacte les poumons et la plèvre. Elle peut se manifester par un collapsus pulmonaire lors des périodes menstruelles, une toux, des douleurs thoraciques, des essoufflements, une hémoptysie.

Endométriose péritonéale : on qualifie les lésions comme étant des implants endométriosiques péritonéaux car celles-ci se trouvent au niveau du péritoine, une membrane tapissant la cavité abdomino-pelvienne.

Endométriose vésicale : il s’agit de lésions profondes (de type nodules) qui infiltrent la paroi de la vessie. La patiente ressent de fortes douleurs pelviennes, une pollakiurie (envie fréquente d’uriner), des dysuries (douleurs à la miction), et des hématuries menstruelles (sang dans les urines au moment des règles). Cette forme est relativement rare et le traitement préconisé est la cystectomie partielle.

Endométriose digestive : elle est relativement fréquente et correspond à la présence de nodules sur les organes digestifs (rectum, iléon, intestin grêle, colon sigmoïde). Aux symptômes classiques s’ajoutent les vomissements, la constipation, la diarrhée, l’occlusion digestive ou les rectorragies (saignements par l’anus).

Endométriose pariétale (ou endométriose cicatricielle) : dans de rares cas, l’endométriose peut infiltrer une cicatrice causée par une opération chirurgicale ou obstétricale (épisiotomie, césarienne, hystérectomie, hernie ombilicale, …).

Endométriose urétérale : l’endomètre se développe au niveau des uretères (petits conduits qui acheminent l’urine vers la vessie). La patiente peut être sujette à une insuffisance rénale si les conduits sont obstrués.

Des examens d’imagerie permettront d’établir le diagnostic. Le diagnostic définitif repose sur l’analyse d’un échantillon de tissu.

Dans le cas de douleurs, plusieurs traitements peuvent être envisagés :

Un traitement hormonal visant à supprimer les règles (contraceptifs oestroprogestatifs monophasiques en continu, danazol ou analogues de la GNRH, progestatifs,…). Ce traitement réduit les douleurs et stabilise les lésions.

Néanmoins, cette alternative comporte des limites. En effet, cette option ne permet pas une élimination totale des lésions. De plus, la diminution des œstrogènes peut provoquer une baisse de libido et une diminution de la lubrification vaginale.

Le traitement par ondes de choc de faible intensité constitue une alternative de choix pour calmer les douleurs. Grâce à une technique naturelle et non invasive, le traitement induit la création de la substance P et l’hyperstimulation des récepteurs de douleur.

La chirurgie est la seule solution permettant une éradication complète de l’endométriose. Elle est recommandée dans les cas d’infertilité et lorsque les douleurs deviennent handicapantes. Toutefois, la maladie peut réapparaître après plusieurs années.

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