La vie sexuelle chez les seniors

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L’amélioration des conditions de vie et les avancées dans les traitements ont conduit à une meilleure forme physique des plus de 60 ans.

Il existe des limites comme la maladie mais aucune contre-indication à l’acte sexuel, bien au contraire. En remaniant les habitudes et en s’adaptant aux changements du corps, les relations sexuelles sont tout aussi appréciables à l’âge mûr.

Les séniors semblent d’ailleurs avoir trouvé le secret pour une vie sexuelle épanouie.

Des défis liés aux changements physiques et maladies

Des gênes et des difficultés peuvent survenir avec l’âge :

Perte des sens : avec l’âge, l’ouïe, la vue ou l’odorat sont impactés et réduisent la stimulation du désir.

Arthrose, ostéoporose: il est évident que les douleurs physiques ne facilitent guère les relations sexuelles. Néanmoins, il est possible d’adapter les positions avec la mise en place d’un coussin pour faciliter les mouvements.

Problèmes d’érection : les causes peuvent être multiples. Les causes les plus fréquentes sont les troubles et maladies affectant la circulation du sang, puisque l’afflux de sang dans la verge permet une érection. On peut citer par exemple le diabète, l’hypertension, le cholestérol, les maladies cardio-vasculaires et troubles cardiaques. Certains traumatismes (blessures, chirurgies locales) et certains cancers (radiothérapie, impact sur les nerfs et artères) peuvent également en être l’origine. Aussi, la prise de certaines substances et médicaments peuvent impacter la fonction érectile (drogues, alcool, tabac, anxiolytiques, hypertenseurs, antidépresseurs, antalgiques,etc.). Il est toutefois important de rappeler que la majorité des dysfonctions érectiles peuvent être traitées.

Baisse de la testostérone : cette hormone diminue au fur et à mesure avec l’âge et peut causer des problèmes de libido chez l’homme.

Cancer du sein : le traitement pour le cancer du sein peut engendrer une sécheresse vaginale.

Ménopause : Lors de la ménopause, les bouleversements hormonaux peuvent impacter la libido. Le manque de lubrification naturelle rendra plus difficile les pénétrations. Toutefois, la ménopause ne représente pas la fin des rapports intimes. Les caresses et stimulations seront d’autant plus nécessaires.

Prolapsus (descente d’organes) : ce problème est assez fréquent après la ménopause et peut générer une sensation d’inconfort ou de douleur pendant la pénétration.

Fuites urinaires : les fuites urinaires peuvent générer un stress lors de l’acte sexuel.

Perte de confiance en soi : Le cap de la cinquantaine peut générer du stress et une perte de confiance en soi. En effet, le changement physique (rides, perte de fermeté des seins, perte de tonicité des muscles, prise de poids et répartition différente de la masse graisseuse) peut être la source de complexes physiques et donner l’impression que l’on est moins désirable aux yeux du (ou de la) partenaire. Le fait de rassurer son (ou sa) partenaire, de le (ou la) valoriser, et d’être à son écoute semble être le secret d’une vie sexuelle épanouie.

Une activité sexuelle n’est pas incompatible avec les maladies et antécédents cardiovasculaires

Les personnes atteintes de maladies cardio-vasculaires peuvent bien entendu continuer à avoir des rapports intimes réguliers et profiter des effets protecteurs sur le cœur. L’acte sexuel est même recommandé par les médecins. En effet, l’activité sexuelle élimine les toxines, augmente le rythme cardiaque, active la circulation sanguine et muscle le cœur. Selon certaines études, les patients ayant eu une crise cardiaque et étant actifs sexuellement, présentent un risque réduit de récidive.

Un rapport sexuel représente un effort physique d’intensité modéré. On peut la comparer à l’effort nécessaire pour monter des escaliers.

Certes, un accident cardio-vasculaire va avoir des effets notoires sur la vie sexuelle. Il aura à la fois un impact psychologique (peur d’avoir de nouveaux troubles cardiaques, peur de surmener le conjoint) et d’autre part un impact physique (fatigue, effet vasodilatateur des traitements). Toutefois, le risque au cours d’un ébat sexuel est faible. Il est donc important d’en parler avec le cardiologue pour se rassurer et ajuster le traitement.

La sexualité serait même bénéfique pour la santé

Il a été prouvé que la sexualité aurait des effets bénéfiques pour la santé, autres que sur le cœur :

  • Sécrétion de dopamine et d’endorphine pour un effet relaxant, antidépresseur, antidouleur.
  • Libération d’hormones de croissance et de testostérone chez l’homme (éléments nécessaires à la tonicité des muscles et la solidité des os).
  • Baisse du risque d’hypertension chez la femme.

Certaines études suggèrent même que faire l’amour trois fois par semaine ralentirait le vieillissement.

Une évolution dans les mentalités

Les mentalités ont bien évolué ces dernières années. Même si autrefois, une femme sur deux n’avait plus de vie sexuelle après 50 ans, la tendance s’est aujourd’hui inversée. Les séniors s’accordent à dire qu’il n’y a pas d’âge pour une sexualité épanouie.

Par ailleurs, cette tranche d’âge est aussi très active sur Internet et n’hésite pas à s’inscrire sur les sites et nouvelles applications. En effet, force est de constater que les taux de divorces et de remariage chez les sexagénaires sont en hausse. Et il existe aujourd’hui de nombreux sites de rencontre en ligne pour les séniors.

Une autre forme de vie sexuelle

Avec l’âge, les rapports intimes ne sont pas considérés comme étant « moins intenses » que chez les jeunes personnes, mais comme étant plus sensuels, comme si vieillir permettait d’accéder à une autre forme de vie sexuelle.

En effet, la réaction sexuelle ne se déclenche pas immédiatement. Générer une érection et une lubrification demande plus de temps, soit plus de caresses et de sensualité. L’acte est plus élaboré et plus long car l’unique objectif est la recherche du plaisir. Par ailleurs, le couple n’est pas soumis à la pression (travail, enfants, manque de temps) et l’imaginaire est davantage stimulé. Enfin, il existe aussi une meilleure communication car la sexualité devient plus relationnelle et plus émotionnelle. Les partenaires ont alors une meilleure écoute quant aux limites physiques, aux attentes, désirs et recherche du plaisir.

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